Geekolitude

Mon Macbook Pro posé sur ma table Ikéa, les pieds nus sur le parquet blond, entouré de murs blancs, j’écris. J’ai vidé ce qui pouvait l’être, je suis un ermite 3.0, ma caverne est Bauhaus et mes doigts courent sur le clavier.

Je mange bio, bois de l’eau, j’ai ma liturgie des heures de trafic, mes pères de la glisse sont des Z-boys, des youtubeurs, des stars. Je surfe sans accroc, sur les vagues, comme sur les réseaux. J’ai dans un coin de ma tête un vieux VW vitré, un jour je l’achèterai. En attendant, je dois payer le crédit de la Polo.

De temps en temps, je m’engage en un clic, je signe des pétitions, en ligne, je fais mes courses, en ligne, fais des rencontres, en ligne. Et quand je sors, j’ai l’impression d’être dans un jeu vidéo. La réalité s’améliore de jour en jour, et on dirait vraiment qu’ils sont vivants.

J’ai fait ce qu’on m’a dit. J’ai ri quand on m’a dit. Je me suis indigné quand on m’a dit. Et pourtant, quelque chose me manque.

Des fois, je rêve d’odeurs. Un feu de bois. Un troupeau. La terre.

Ou, parfois, des couleurs. Des champs, à l’infini. Un coucher de soleil. Le désert. Le goût de l’eau de pluie, passée sur le rocher. La chaleur sur soleil sur ma peau. Avoir un fils.

Ou je rêve que je prie. Un dieu là-haut.

Je rêve que j’aime, putain, que je ressens les coups, que je saigne, que je pleure enfin. Je rêve d’être en vie. Que mes seules sensations ne soient pas seulement le dernier RPG, le Black Friday, une keynote.

Je rêve de textes anciens mille fois répétés, d’odeur d’encens, de la lumière des cierges. Que je suis aimé, qu’on m’attend.

Je rêve de cathédrales, de quête, de pardon.

Je rêve qu’un amour bien plus grand que l’Amour, a posé sa main sur mon cœur, ouvert mes yeux, mes lèvres, que je peux l’appeler Abba.

Je rêve que nous sommes tous liés, tous les Hommes, de tous les temps.

Je rêve de miséricorde. Et que je communie à Celui qui est toute la vie, tout l’amour, auquel mon désir d’être en plénitude aspire.

Les murs blancs. Et le parquet blond, sous la plante de mes pieds nus. Des rires, dehors. Je crois bien que je vais sortir, aller, je ne sais pas moi, m’aérer. Admirer. Réfléchir. Prier. M’ouvrir.


Photo : Luca Rossato, Hipster, licence CC BY-NC-ND 2.0

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