Je suis où Tu veux que je sois.

Art

Il m’arrive de me perdre en Fantasie.

Je marche alors, Seigneur, au milieu des chimères. Au fond des marécages, des ombres voudraient faire de moi leur proie. Les regrets me collent à la peau, comme si je pataugeais dans la mangrove. Les châteaux ne sont plus que carcasses éventrées dans la brume. Le héros est nu, épuisé, il pleure. Il a perdu ses armes, sa joie, son destrier. Son âme est triste et lasse, il ne veut plus marcher.

Pèlerin égaré, il se souvient de ses nobles idéaux, comme de compagnons morts et enterrés. Il était jeune, et beau, et il rêvait. Son corps était souplesse, et son âme éclairée. Il ne se reconnait pas dans ce qu’il est devenu. Ses rêves de sainteté l’appellent, comme le chant des vents amers, la nuit, dans les hautes fougères, dans ces forêts profondes où nul ne va.

Il a marché sur tant de peines, et reçu tant d’épines, que son âme est comme déchirée en deux. Le rocher seul reçoit sa pauvre tête, il est brisé.

Alors monte du fond de l’âme, comme un dernier soupir, entre les troncs noirs à peine éclairés de l’aurore, une prière.

Seigneur, je ne suis pas, ce que je voulais être.

J’ai perdu des batailles, tant que je ne peux pas m’en souvenir. J’ai reçu des blessures, par millers. Mon sang noyait la plaine, et chaque fois, tu me sauvais.

Je suis comme un guerrier qui ne peut plus se relever, allongé dans la boue de sa faiblesse, et que son maître appelle malgré tout.

Alors, malgré les peurs, les déceptions, la tristesse, la douleur, je m’arrache à la glaise qui m’appelle, et, petit à petit, me lève.

Je ne suis plus ce vieux, qui a trop enterré de monde. Je ne suis plus pécheur ayant tellement péché.

Je ne suis plus mari, père, fils, ami, ayant trahi, déçu, mal servi ou laissé tomber.

Je suis un chevalier !

Comme au premier matin où tu m’as fait, dans les larmes du repentir, la rosée du pardon, j’entends  l’appel !

Oui, Tu connais mon nom et me relèves !

Pauvreté me revêt, prière est mon armure.

Ta parole est le glaive que je brandis.

Alors, je dis la Vie, je témoigne de Toi et je souris.

Les yeux levés au Ciel, Ô Dieu, je Te bénis.

Contemplant le matin du monde qui arrive, je Te bénis.

Je suis jeune, et je n’ai plus peur de rien, car Tu es là. Tu me sauves et me réconfortes. Tu ne tiens pas rigueur de mes erreurs. Tu me veux pour Toi, comme je suis.

Les pieds nus dans la verte prairie, où Tu es pâturage et source, je Te suis. Un bonheur infini gonfle mon cœur, mon âme chante en Toi, Ta louange m’éclaire, comme au premier matin les rayons enivrants du premier soleil.

Je ne suis que par Toi, mon Roi, et Tu me crées. Je joins mon chant à tous ceux qui Te louent en vérité.

Je suis où Tu veux que je sois.

Toi seul sais comme je suis.

Toi seul me vois. Et sais ce qui est bon pour moi.

Je suis où Tu veux que je sois.

Image : Christos Tsoumplekas, licence Creative Commons CC BY-NC 2.0 / https://www.flickr.com/photos/tsoumplekas/
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