La mort n’est pas une fin

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Je reprends à dessein le titre français de l’un des meilleurs livres d’Agatha Christie, chef-d’œuvre policier que l’auteur a choisi de situer dans l’Égypte des pharaons. C’est que j’ai un goût tout particulier pour cette civilisation qui, sur les bords du Nil, a su allier avec une délicatesse rare dans l’histoire humaine, l’amour de la vie et la foi en un au-delà. Ce n’est pas un hasard si la culture chrétienne a recyclé nombre de ses images, au premier rang desquelles les représentations des quatre évangélistes.

Je ne me lasse pas non plus de l’histoire d’Aménophis IV, alias Akhenaton (non, pas le chanteur de rap), à qui l’on doit une brève hérésie de la religion égyptienne s’approchant du monothéisme, et des odes dont la comparaison avec le Cantique de frère Soleil de saint François d’Assise fait penser à une filiation, comme si les grands mystiques parlaient la même langue, au-delà du temps et des religions.

J’admire le travail de la Place de la Vérité, où les plus fins des artisans façonnaient les tombeaux des rois, et je me souviens avec émotion de la contemplation du trésor mortuaire de Toutankhamon exposé au Musée du Caire, et dont la beauté, la finesse, la pureté, délivrent un message que le temps n’éteint pas.

Qu’auraient donc produit ces artistes géniaux s’ils avaient connu l’Évangile ?

La mort n’est pas une fin. Elle n’en est pas pour autant agréable, nous n’en ressentons pas moins une déchirure tragique, quand elle frappe, par exemple, sans prévenir, un être jeune, qu’elle nous arrache ceux que l’on aime.

Mais nous pourrions nous inspirer grandement des anciens égyptiens, pour rendre plus présente dans nos actes et dans nos paroles autour de la mort, notre espérance en la résurrection. Car c’est peut-être là que se joue notre foi : croire en un Dieu très bon, un sauveur, citer les Ecritures, à la limite, même les démons le peuvent. Mais l’espérance, comme dirait Péguy, l’espérance, ça c’est tout autre chose, quelque chose de fragile, sublime, insensé, qui balaie la raison raisonnante, le soleil au-delà des larmes, le cœur qui dit à celui qui s’en va : « à bientôt mon amour, mon enfant, mon ami, à bientôt, mon trésor, ma joie, ma vie, toi qui entres aux parvis éternels, à bientôt, toi qui cesses de pleurer, de souffrir, de douter, la mort n’est pas une fin ; bientôt je te verrai encore, je te verrai comme Dieu seul te connaît, dans la lumière du Christ ressuscité. »

Malheur à nous qui, à force d’intellectualisme, avons en grande partie évacué le Ciel, la mort, et la résurrection, la mystique, l’Éternité, tout ce qui n’est pas politiquement correct, de nos paroles, pour en rester trop souvent à un code de bonnes pratiques sociales, sans aucune transcendance. Il n’y a pas que le « vivre-ensemble », il y a aussi le « mourir-ensemble » pour être par Jésus « ressuscités ensemble ».

Ce monde attend une espérance. Il a besoin de Dieu. Il a besoin de toi. Pour aller vers les frères et sœurs, de tous âges et de toutes conditions, pour annoncer Jésus, l’Evangile, l’Eglise, les Sacrements, la Parole et le Magistère, la Tradition, la Communion des Saints, et dire, à temps, à contretemps, dans le Vent du matin de Pâques : La mort n’est pas une fin.


Image publiée sous licebnce Creative Commons à l’adresse : http://www.flickr.com/photos/ophil/7465894354/

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Blizzard dit :

    J’ai un peu l’impression que vous êtes passé trop vite sur tout plein de choses très profondes, mais, en tant que juive, Jésus et son histoire ne cesse de m’interpeller et votre blog ne fait qu’amplifier ma soif. Je suis un peu perdue à cause de vous en fait ^^

    1. icatho dit :

      Votre commentaire me touche. Si vous parlez de ce que les chrétiens en général n’ont pas perçu du judaïsme, je suis entièrement d’accord avec vous. Je sais que nous disons un peu rapidement être en quelque sorte héritiers des juifs, sans voir que nous sommes loin d’avoir conservé toute la richesse issue de la foi et de la pensée juives, auxquelles nous avons mêlé l’héritage d’Aristote entre autres. Je sais que nombre de juifs ne se reconnaissent pas dans la lecture et l’interprétation un peu rapides que les chrétiens font de la Torah, sans parler du Talmud et de la Midrash. C’est un peu comme si ce que nous appelons l’Ancien Testament, parce qu’il doit être lu pour nous à la lumière de Jésus, ne devait plus être lu aussi pour ce qu’il est dans la foi juive. Il y a une forme de lecture surplombante qui manque parfois de connaissance intime du texte, connaissance dont les juifs sont les héritiers. Sans refaire le chemin qui, de juifs, nous a fait chrétiens (car il n’y a pas de chrétiens sans les juifs !), nous pourrions certainement travailler un peu plus notre héritage !

      Sur Jésus, je comprends, le trouble est naturel, évidemment pour moi chrétien il est le Messie juif révélé pour les juifs ET pour les païens, pour un juif / une juive pratiquant(e), je subodore qu’il peut représenter pour le moins une forte interpellation ! Chacun a son chemin, le mot soif que vous employez est fort, il marque plus que de la curiosité intellectuelle. C’est déjà une sortie de soi et une ouverture à la rencontre ! Quelque chose qui appelle de la réflexion, du temps, et de l’étude, de la prière aussi, mais je ne doute pas que tous ces éléments vous sont très familiers ! L’important est de ne pas se précipiter.

      Merci pour votre commentaire, la franchise qu’il dénote et le courage qu’il suppose, je prie pour vous avec gratitude et fraternité.

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